Les nerfs en boule

Je me suis mis au lit tard ce soir, j’avais à demi sommeil, mais je me devais de dormir… Histoire de ne pas chambouler mon cycle de sommeil fragile et pour être en forme demain. Mais au moment ou j’ai mis mes deux fesses dans mon plus-que-confortable-matelas j’ai eu les nerfs en boule. J’avais le cerveau qui roulait beaucoup trop.

C’est que je dois dire que je rêve très peu la nuit. Hum, disons avant de me faire reprendre par quelqu’un d’autre que je dois bien rêver la nuit, mais que ne me souviens que très rarement des onirismes de mon subconscient. Là, satisfais? Bon, aussi je comble invariablement ce manque de rêve en sommeil profond par mon imagination plus que débordante avant de m’endormir. Et encore plus lorsque je deviens un avatar de stress sans aucune raison.

Mes pensées se sont cernées sur cette jolie rouquine qui n’existe que dans ma tête qui, voyant mon stress inopiné me passe doucement la main dans les cheveux avant de se blottir contre moi… Mes pensées se sont imaginées que mon gros projet d’avenir qui me trotte dans la tête fonctionne… Mes pensées se sont gratifié du même projet, mais de la mort qui tue plus plus et qui déchire ta race jusqu’à en devenir une improbabilité logique et un affront au destin. Puis je me suis mis à imaginer la vie qui tournerait tout aussi bien, et avec la rouquine onirique. M’imaginant maître du monde (ou presque), je me suis mis à me voir faire les plus grandes folies, tirer une ligne de cocaïne avant de m’élancer en base jumping au beau milieu de la nuit (notez que la ligne de coke étant dans l’image que parce que dans cette image je suis devenu un pauvre richard pédant qui n’a rien de mieux à faire que de s’abîmer la vie)…

Puis à être assez en manque de sensation forte pour faire du base jumping sans parachute. J’ai alors imaginé mes funérailles où tout le monde se poserait des questions, pleurerait sur ma jeunesse, ma richesse en se demandant bien qui hériterait de ma fortune… Pour revenir vers la réalité, voir mes funérailles d’homme ordinaire à voir les gens se demander qui j’étais vraiment, quels étaient finalement ces super projets que j’avais en tête au moment de ma mort, à se dire que la mort n’emporte que ceux qui ne le méritent pas, sans pouvoir dire pourquoi je ne l’aurais pas vraiment mérité?

Et là, boum, je sors de ma rêvasserie.

J’ai les nerfs en boule fois mille plus plus. J’ai le coeur qui palpite. Mon cerveau s’est encore imaginé que j’allais mourir et en a fait une crise de panique… Ah, attendez… Non, même pas! Je ne suis pas en panique/angoisse! Bizarre. Mais qu’est-ce?

Non, je n’y crois pas…

Ah, si.

Je suis en train de me trouver pathétique, seul dans mon lit, à avoir des idées de grandeurs. Entre le géant de la culture, blazé qui ne manque rien et est entouré de plein de gens, et le jeunot mi-vingtaine étudiant en culture tout seul dans un trop grand lit, il y a tout un monde. Et ça me frustre de me rendre compte que je passe encore un temps précieux à me faire croire que je pourrais être heureux, au lieu de travailler à l’être.

Je me trouve vraiment anormal. D’avoir toutes les clefs de mon bonheur entre les mains, mais ne pas m’en servir. (Je sens que je n’utilise pas les bons mots ici… Parce que je travaille à mon bonheur, et depuis quelques mois, ça marche! Hummm.) Reste que j’ai l’impression que ce n’est pas le cas.

En tout cas, je me trouve encore plus détestable de savoir que j’ai les clefs, que je ne m’en sers pas, et que je n’arrive pas plus à bouger malgré ma connaissance de la situation.

Woa! Presque trois heures du mat! Et j’ai toujours les nerfs en boule…

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