Oui oui oui. Épâs, sans « I » et avec un accent circonstanflexe. Je parle de mon professeur de cet après-midi. Ce gars-là, il enseigne à l’université, en anthropologie. Donc, il a forcément un doctorat en anthropologie. Donc, il devrait forcément avoir un semblant d’intelligence, ou de logique… Ou quelque chose du genre. Déjà qu’il ne fait que lire les lectures obligatoires d’autres anthropologues en guise de cours, ça peut passer. Il n’est pas le seul à faire cet exercice d’auto-flattage dans le sens du poil académique. Être payé un trop bon salaire pour lire d’autres auteurs, tout en faisant chier des étudiants avec des travaux impossibles… C’est certain qu’on doit se sentir bien dans ça peau! Mais là n’est pas le problème d’intelligence/logique/cocologie de cet énergumène. Oh non.
Pendant le cours d’aujourd’hui, après une courte allocution des représentants d’une association étudiante annonçant un débat suivi d’un vote concernant la prochaine future peut-être grève étudiante :
« Moi, sur le sujet, j’aimerais vous donner mon humble opinion. Moi je suis pour la grève générale illimitée. Mais pas comme vous l’avez déjà faite! Vous devriez faire une grève illimitée jusqu’à ce que vous obteniez la gratuité scolaire complète. »
PARDON!? Attends là. Es-tu premièrement au courant que le principal enjeu d’une possible grève présentement est contre le dégel des frais de scolarité? Ce qui représente un petit criss de 50 $ par session? Ils vont jumeler à ça la gratuité scolaire parce que ça leur donne l’impression de continuer un combat impossible qui date de Mathusalem… Sauf, que pensez-y bien.
Cet osti là est payé quoi, au dessus de 60 000 balles par années. Ce qui veut dire que si on est en grève, il est payé 60 000 balles à ne RIEN faire, pendant que nous autres on s’endette à fond la caisse sans éducation (ou en ayant un condensé d’éducation en fin de session) pour économise 50 $ par session.
Faites le calcul. Si on ferme notre gueule sur le dégel des frais : il y aura plus d’argent dans les coffres donc, aussi imperceptible qu’il soit, il y aura une amélioration. Mais si on fait une grève générale : on fait dépenser des millions à l’état, ce qui fait qu’on est encore plus dans le rouge et incessamment, ce n’est pas 50 $ par session qu’ils vont nous demander, mais 100 $ et plus. Allumez, le temps des grèves étudiantes, c’était bon pour le temps où les coffres du gouvernement étaient pleins à craquer et que vous pouviez vous payer des études moyennant tout en vous payant votre joint de pot quotidien.
Et ne venez pas me traiter de bourgeois qui ne pense pas aux gens qui s’endettent pour étudier. Je suis un de ceux qui s’endettent. Vous ne vous imaginez pas à quel point d’ailleurs…
Le système scolaire (et celui de l’aide financière) est totalement à repenser. Mais ce n’est pas en gaspillant l’argent dans des grèves qu’on repense. On ne fait que s’enliser dans un bourbier encore plus immense. Comme le disait Pierre Légaré dans une chronique au journal La Presse…
« Vous êtes à l’université, à quelques mois de faire votre entrée dans la vraie vie. Vous occupez le siège idéal, au milieu dans la rangée d’en avant, pour réfléchir, remettre en question, réinventer, proposer quelque chose de mieux que ce que vous observez. Il y a moyen d’en faire un trip dont vous allez encore vous vanter quand vous aurez des petits-enfants, sans pénaliser davantage ceux d’entre-vous qui sont déjà mal pris.
Démarrez un laboratoire d’idées sur votre campus, un think tank. Faites-en un laboratoire permanent. Vous n’avez même pas à sécher de cours pour le faire fonctionner: la Révolution Orange en Ukraine, - c’était quand même tout un contrat - ça s’est fait par les soirs et les fins de semaine. Vous le saviez?
Vous êtes les premiers concernés par le financement de nos universités. Le trip de ce labo? Faire de vous des interlocuteurs permanents d’avant-garde, des proposeurs allumés, innovateurs, plutôt que d’éternels quémandeurs. Vous devez être tannés, me semble? Profitez d’un atout que vous n’aurez plus une fois sortis de l’université: votre liberté de totale remise en question des diverses facettes d’un système qui ne vous a pas encore bouffés, casés et rendus dépendants de lui, comme les vieilles cloches dont je suis. »
Commentaires
Jess:
C’est fou comment j’en entend même pas parlé moi. À mon université, personne ne veut une grève, peut-être parce que tous les programmes sont en coop. Pas d’univ, pas de stage, pas de stage, pas de revenus. L’enfer!
Le Voyou du Bayou:
Es tu malade man? Un prof à l’Université ça gagne au moins 80 000 sinon 100 000 par année.
Un bachelier au gouvernement, ça toppe à 68 000$ par année… !
Pour le reste, félicitations pour ton point de vue lucide, qui doit être minoritaire dans un pavillon comme le De Koninck.
SekhmetDesign:
J’avoue que les grèves illimitées servent à rien, par contre, je suis pour que l’on repense notre système d’éducation et les prêts et bourses. Je m’endette autant que toi j’imagine, et je ne trouve pas normal que je gagne moins sur mes prêts et bourses par moi que qqun sur le B.S. Anyway…
Ton prof me fait vaguement penser à mon prof d’archéolgie égyptienne à la con que je n’aime pas trop trop…
Vanille:
Je me rappelle de la grève qu’il y a eu à l’université ya deux ans. J’étais tellement en ost** que le vote de chaque semaine était en faveur pour la poursuite de la grève. J’avais l’impression de perdre mon argent à cause d’une minorité. Oui une minorité, parce que ceux qui vont voter en général sont ceux qui veulent la grève. Ceux qui s’en foutent ne se donnent pas la peine d’y aller…
En résumé, on a été en grève pendant un mois, le retard était trop grand à rattraper alors les profs ont dû couper de la matière. Est-ce que la grève à changé quelque chose? Pas vraiment. À part peut-être de la matière qui était au plan de cours pour laquelle j’ai payé mais que je n’ai jamais vue…