Morbide printemps

Comme à tout le printemps, toute ma vie semble ne pas tourner rond. Je doute. De moi… Des autres… De la vie et tout le tralala. Moi, le printemps, ça n’a jamais été un symbole de renouveau. Pas que j’ai jamais essayé, c’est la force des choses. C’est inmanquable. Je doute de tout, mon humeur prends l’escalier vers le sous-sol, je mange toute mes émotions, etc, etc…

Puis, viens ce moment ou la température augmente ses celcius, et moi la pression interne. Tout semble trop confus et advient l’évènement soudain: l’envie de marcher dehors. Et à chaques fois, je me rends instinctivement à cet endroit. Cet endroit symbolise pour moi le moment ultime du doute. Je n’ai jamais douter plus fort qu’au moment ou quelque dizaines de mètres plus haut dans la rivière, j’ai voulu m’y laisser glisser. Du balcon d’observation, on vois très bien d’où je serai arrivé, à quelque jours près, il y à quelque années. Le point de non retour. L’endroit où, si la chute elle même ne n’avait pas achevé, ça en aurai été fini pour cause de grosse roche inmanquable… Je reste là, fixant l’eau, une quinzaine de minutes, puis je tourne les pieds. Un époque passé, mais qui marque. J’ai appris à vivre avec le doute maintenant. C’est pas agréable, mais au moins je vis… Si au moins je pouvais arrêter de douter…

Alors, je me rends, comme toujours après cette petite introspection, vers l’église. Dans les autres années, j’y entrais, me dirigais vers la confesse et déballait mon sac. Aujourd’hui, j’y suis entré et j’ai vu le prêtre à la seconde même. Ce n’est ni Yves. Ni Donald. Les années passent, et les célébrants à l’église aussi. C’est dommage… Je me demande combien sont passé depuis la dernière fois que j’y ai mis les pieds quotidiennement… ? M’enfin, il faut bien que je feel morose pour vouloir entrer dans une église, parler à un curé… Je m’approche de lui… Est-ce que je vais lui faire confiance, à lui? Je vois qu’il a les yeux plongé dans sa bible. Au moins lui, il a la foi, même si j’y crois plus, ses paroles vont me faire chaud au coeur…

Plus j’approche… Plus… Je peux voir dans sa bible. Il y à un autre bouquin, un bouquin rien de plus normal. Elle est jolie la foi et le réconfort des sacro-saintes-écritures. Quand le mec il pense plus à l’image qu’il projète en camouflant un livre dans une bible… Je pourrais pas me laisser aller avec un mec comme ça. J’allais partir, mais il m’apperçoit et il se lève. (Oui, je suis affreusement stealthy quand je veux…)

- Je peux vous aider? (il me regarde avec un air incrédule vu mon âge et déclare:) C’est pour la confesse?
- Oh? Non non… Je passais dans le coin…
- Ça va aller?
- Dommage, mais je vais devoir me débrouiller seul cet année.
- …
- Bonne lecture.

Et je sort par la porte qui donne dans le cimetière. Près de l’église, sont les vieilles pierres tombales, et mon vieux copain, complices de longues nuits de banlieu en solitaire. Mais il y à trop de neige, alors, je devrais attendre pour aller lui souhaiter le bonjour. Mes pas me mènent vers la sortie du terrain, là ou les épitaphes affichent des dates de plus en plus récentes, quand une odeur de terre fraîchement retourné me monte au nez. Des traces de pas fraîchement faites dans un mélange de neiges enlevé au bulldozer et de terre mouillée conduisent mes yeux à un tas de terre fraîchement fait, un bouquet de fleur neuf sur une pierre, et un tas de planches de bois qui couvent un trou béant dans le sol.

Et la nausée me prends. Je dois spécifier dans mon testament que je veux pas qu’on laisse mon trou seulement couvert de plances de bois sans surveillances. Vite, je dois retourner à la maison.

Et à la maison? Je met la main dans le sac de chips, pour bouffer les émotions, pour me demander comment de temps tout ce cirque va durer, pendant combien d’année le printemps ne sera pas agréable pour ma tête, quand j’arrêterai enfin de refaire cette balade à toute les années.

J’ai trop de rêves pour mes printemps et mes étés à venir, pour que ce soit toujours la même affaire…

Commentaires


Christopher:

Salut Amadeo !

Une observation tirée de mon expérience personnelle : les cochonneries artificielles qu’on retrouve dans les sacs de chips n’aident pas du tout en ce qui concerne l’humeur et le doute. Même chose pour le sucre et l’alcool.

En passant, j’aime bien ton blogue. C’est un rendez-vous quotidien pour moi maintenant. Merci ! ;o)


Le lapin blanc:

Merci bien pour l’attention quotidienne ;)

Ceci dit, personnellement, je sais bien que les chips n’aident pas. Le sucre, ok… Sauf…

Le chocolat d’une chocolaterie artisanale, pour un bonne barre de chocolat 80% de cacao au confits d’orange… ;)

Dis moi, tu as découvert ici, c’est parce que tu as un bon outil de stats eh? ;)


Christopher:

“Bon” c’est discutable, mais oui j’ai découvert ton blogue via mes stats de visites… ;o)

Pour le chocolat, j’sais pas trop. C’est sûr que j’aime bien, surtout du 80%, et à l’orange en plus, mais pour avoir déjà fait des downs de chocolat, je préfère me tenir à distance pour le moment en attendant d’avoir assez d’infos pour savoir si les downs ont été causés par le chocolat lui-même ou seulement par le chocolat sucré. Je tenterai quelques expérimentations au cours des prochains mois…


Le lapin blanc:

hahaha… Je sais pas pour les down, mais pour les high, je te suggère le chocolat au piment chipotle…. ;)

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